L’éthique est un mot grec qui signifie le pli, le pli de l'âme : c'est donc l'ensemble des grands principes qui permettent de progresser dans la vertu.

Une éthique à la politique, ça veut dire quoi ?

Répondre à cette question c’est poser diverses questions : combien de gens vont en politique, pour combien de temps et combien de fois ?

La « politique » est-elle réservée à ceux qui ont de la fortune, qui exercent une activité ou l’absentéisme n’est pas un obstacle, ou bien est-elle ouverte à tout le monde ?

Nos éclairés ancêtres concepteurs de la démocratie mettaient « la politique » au cœur de la vie et de l’organisation de la Cité, les citoyens devant avoir chacun la même part d’implication et de responsabilité du « politique ». Pour cela, ils avaient déduits que la rotation de ceux qui étaient en charge des décisions devait être une règle.

C'est ainsi que, nos enseignants, les grecs ont non seulement inventé le non-cumul des mandats, mais encore ils ont fait le choix de la sagesse : le non cumul dans le temps.

Imaginons un instant, que dis-je rêvons, que subitement tous nos partis politiques acceptent et pratiquent ce principe ! Tiens, donc pourquoi pas au Parti Socialiste, histoire de montrer sa réelle ambition de réforme, son attachement au « libéralisme », son avant-gardisme en terme de « modernité »...

Tant que ce principe de la rotation des responsabilités ne sera pas appliqué, les citoyens qui ne participent pas pleinement à la vie politique seront de plus en plus nombreux.

Les réflexions sur la pratique réelle de la démocratie  ont alors amenés nos vertueux ancêtres à poser un principe essentiel : l'objectif de la gestion démocratique doit être, non pas l’accroissement matériel des élus, mais leur accroissement moral, idem pour l’ensemble de la société...

Ils ont également mis au cœur des préoccupations « politiques » l’éducation, l'éducation civique au sens large du terme, c'est-à-dire aussi l’éducation politique. Et ils fixèrent des principes fondamentaux en fonction de cet objectif afin que la politique réalise son objet : rendre les Hommes plus vertueux.

Constatons qu'hélas aujourd'hui ce n'est pas le cas.

Quels que soient les partis politiques, l’éducation, la culture sont considérés comme un accessoire à qui l’on consacre le temps qui reste.

Bref, les acteurs de gauches et surtout les socialistes, qui comptent en ce moment dans leurs rangs beaucoup d’égarés cumulards, carriéristes, éternels candidats à la candidature ou à la re-candidature seront-ils capables de se réengager autour de ces grandes lignes de force qui leurs permettraient de renouer avec la vertu politique ?

Militants, vous n’êtes ni des veaux, ni des moutons...

P.G-N