Pacte européen sur l'immigration et l'asile
Le Président en exercice du Conseil, Nicolas Sarkozy, a présenté devant le Parlement Européen les priorités de la présidence française de l'Union européenne, y compris sa proposition de Pacte européen sur l'immigration et l'asile.
L'Europe s'est contentée jusqu'à présent de lutter contre l'immigration irrégulière de façon répressive en ignorant la nécessité de mettre en place des voies légales pour arriver en Europe. La priorité de la construction future de la politique commune d'immigration doit maintenant être l'immigration légale.
La proposition avancée dans le Pacte européen d'une immigration choisie en fonction des capacités d'accueil des Etats membres ne permettra pas une politique commune d'immigration légale ambitieuse. La présidence française devrait proposer à ses partenaires européens des solutions concrètes. Le Pacte propose cependant une série de mesures répressives qui rendront l'immigration légale toujours plus difficile.
Je suis extrêmement préoccupée par l'intention de réguler l'immigration familiale. Nous ne pouvons réguler l'immigration familiale en fonction des revenus ou des conditions de logement des migrants. Il est de la responsabilité de l'Etat de garantir un logement décent. Le droit à vivre en famille est un droit essentiel de la personne.
La présidence française ne propose aucune harmonisation par le haut des politiques de retours, elle encourage au contraire la conclusion d'accords de réadmission bilatéraux. Sa seule ambition européenne dans ce domaine est d'organiser des charters communs d'expulsion, dont on peut douter qu'ils permettent d'évaluer la situation personnelle de chaque personne expulsée.
Enfin, les propositions avancées sur le co-développement se limitent au dialogue avec les pays tiers sur la question migratoire. Nous devons nous attaquer aux causes profondes qui poussent certaines personnes à quitter leur pays.
L'équilibre juste entre lutte contre les passeurs, promotion de l'immigration légale et mise en place de politiques de co-développements ambitieuses, n'est pas assuré par ce pacte.
La question essentielle que nous devons tous nous poser est "comment pouvons-nous vivre ensemble dans un monde globalisé ?"
Martine ROURE
Vice-Présidente du Parlement Européen


