CONTRE LES DISCRIMINATIONS
L’élection de Barack Obama n’est pas un événement américain, c’est une révolution mondiale. Près d’un siècle et demi après la fin de l’esclavagisme, quarante ans après la bataille des droits civiques, les Etats-Unis ont porté un homme noir à la Maison Blanche. Nous portons tous la même part d’humanité.
La victoire du candidat Démocrate est d’abord celle d’un responsable politique à la compétence, au talent et au charisme exceptionnel. S’il a convaincu une majorité d’Américains, c’est parce qu’il a placé la question sociale, la crise économique, le défi environnemental au cœur de son projet. Mais son succès a aussi valeur de symbole : la présidence Obama, c’est l’abolition de la barrière raciale. Non l’entrée dans l’âge du communautarisme - qu’Obama a fermement combattu -, mais la possibilité d’une ère multiculturelle. Nous sommes égaux même si nous sommes différents, voilà le message porté par le nouveau président des Etats-Unis.
De ce côté-ci de l’Atlantique, nous ressentons une immense joie. Mais nous devons aussi faire preuve de lucidité.
En France, la République est une promesse. Une promesse magnifique de citoyenneté plutôt que d’individualisme, de fraternité plutôt que d’égoïsme, d’égalité plutôt que d’injustice, de liberté plutôt que d’asservissement, de laïcité pour vivre ensemble plutôt que de communautés séparées.
Mais pour des millions de nos concitoyens, et d’abord dans les quartiers populaires, la République est aussi une promesse insuffisamment tenue. Les valeurs républicaines ne sont vivantes que si elles sont en actes. Or, l’élection d’Obama nous interroge : un tel phénomène serait-il possible dans notre pays aujourd’hui ? Le réalisme incline à répondre, malheureusement : non. Parce que selon son patronyme, son lieu de résidence, son origine sociale ou ethnique, son orientation sexuelle, son âge, son handicap, les chances ne sont pas les mêmes de trouver un emploi, les droits ne sont pas réels pour accéder à un logement.
C’est pourquoi la lutte contre les discriminations doit être une priorité d’intérêt national. Face à la droite, aux engagements électoraux non tenus et à tous les conservatismes, le rôle du principal parti de l’opposition est de s’opposer et de proposer, mais aussi d’agir. Même dans l’opposition, un parti politique, en commençant par le faire, en commençant par le faire dans les collectivités locales dont nous assurons la direction d’une grande majorité d’entre elles.
C’est pourquoi j’ai lancé un appel à Lyon le 24 octobre afin que la bataille pour l’égalité et contre les discriminations soit le premier chantier du Parti socialiste nouveau que nous voulons bâtir.
Nous proposons plusieurs actions fortes et concrètes :
- Faire connaître les discriminations, en portant auprès de la HALDE -dont les moyens doivent être renforcés- systématiquement les situations dont nous avons connaissance ;
- Accompagner les victimes et les aider à se porter partie civile, par exemple grâce à la mise en place de médiateurs dans nos collectivités locales ;
- Faire entrer la richesse de la France dans les instances de représentation en commençant par notre propre parti, au sein de service public en commençant par les collectivités territoriales à direction socialiste qui ont un devoir d’exemplarité ;
- Multiplier les initiatives pour ouvrir les yeux des entreprises et en faire des partenaires du rejet des discriminations, via, notamment, des jumelages entreprises-clubs sportifs des quartiers où les cadres parrainent des jeunes comme il en existe à Lille ;
- Généraliser la pratique du testing en matière d’accès à l’emploi, au logement ou aux loisirs (ainsi, les communes peuvent supprimer les autorisations d’ouverture pour les discothèques ayant pratiqué la discrimination à l’entrée) ;
- Créer des conseils des résidents étrangers partout dans l’attente du droit de vote des étrangers.
Ces orientations sont d’urgence sociale et d’intérêt national. Quelle que soit l’issue du congrès de Reims, nous devrons les mettre en œuvre. C’est le devoir du Parti socialiste et de la gauche de dire « Non aux discriminations, aux inégalités, aux injustices ». J’en appelle dès maintenant à l’ensemble des militants et responsables socialistes pour que cet engagement soit pris et soit le premier acte fort du parti socialiste au lendemain du congrès de Reims. Soyons à la hauteur de notre histoire commune : la France n’a jamais été aussi forte, aussi exemplaire, qu’en permettant à chacun d’apporter sa contribution à la République vivante. Liberté, égalité, fraternité : mieux qu’une devise au fronton de nos bâtiments publics, faisons de nos valeurs républicaines des points cardinaux dans notre cœur.
Martine AUBRY et l’équipe de la motion D



J'ai été jusqu'au congré de Reims conseillére nationale et déléguée nationale,je ne le suis plus par ce que smicarde je ne peux plus avancer mes billets pour pouvoir participer activement à ma déléguation,tu connais cette situation elle a duré huit ans,malgré mes demandes les responsables de la fédération et Paris n'ont paS réagi LES UNS N'APPROUVANT PAS QU'UNE PETITE ARABE soit conseillere nationale,les autres ne voulant pas se mêler d'un probléme local!!!!!
j'ai vêcu une double discrimination ,une discrimation "raciale"(pourtant il existe une seule race)et une discrimination sociale....
Si un jour le parti socialiste s'interesse aux discriminations en interne,je propose de faire quelques testings grandeur nature,devrons nous faire appel à la HALDE que tu comptes renforcer!