La semaine dernière a vu un nouveau jour pour la diversité, un homme noir, pas un black ou un homme de couleur, je dis bien un homme noir est devenu président de la nation la plus puissante au monde.

Il y a de cela moins d’un demi siècle, on lynchait les noirs aux USA, on les pendait, on leur interdisait le droit élémentaire d’apprendre, on ne les tolérait ni dans les bus, ni dans les bars et encore moins avec une blanche…Aujourd’hui, le 4 novembre 2008, 52% des Américains ont dit OUI à OBAMA. Pendant toute la campagne, et malgré des sondages très favorables, les médias comme les hommes politiques n’ont eu de cesse de parler de l’ « Effet Bradley ». On nomme ainsi le fait que les électeurs blancs mentent aux sondeurs, n’assumant pas leur racisme et vote le jour J pour le candidat blanc. Or, cette fois-ci les électeurs blancs n’ont pas menti !

En France nos responsables de gauche comme de droite se sont émus de cette victoire du préjugé sur la vérité. Que de belles phrases ! Mais saluer la victoire de Barack Obama en Amérique est une chose mais reconnaître réellement la diversité dans notre parti en est une autre.

Plusieurs contributions thématiques sur ce thème ont été validées dans le cadre de la préparation du congrès. J’en ai réalisé une intitulée « la diversité et le parti socialiste », de même que mes amis Fayçal DOUHANE et Bariza KHIARI qui ont écrit « la France est en nous » (tout un programme !), et enfin celle de mon camarade Faouzi Lamdaoui, « Diversité et égalité, un défi pour la gauche contemporaine ».

Quel résultat pour tout ce travail ? Pas grande chose… La montagne a accouché d’une souris !

La motion A veut plus de diversité… dans le monde audiovisuel ! Elle nous parle de diversité culturelle, de la lutte contre les discriminations par la discrimination positive !
La motion B nous affirme « la diversité doit refléter l’ensemble des composantes de la société ». C’est bien mais comment ?
La motion C nous parle de la diversité interne, de la diversité de notre société (homme/femme, français/ étrangers, quid des français dont les parents sont étrangers) et de la lutte contre les discriminations… c’est bien mais encore…
La motion D nous parle de la diversité familiale, de la diversité des télévisions locales, la diversité sociale et culturelle et… Elle affirme « Reconnaître chacun dans sa différence » et « Nous devons lutter avec détermination contre les discriminations. ». Je palpite et… C’est tout !
La motion E, que je soutiens, commence bien, il faut « Reconnaître la diversité comme une chance, la France métissée comme un atout. » et « la France doit achever de reconnaître comme ses enfants légitimes ceux dont les familles sont venues d’ailleurs ». Pour cela, elle doit « Créer une cérémonie républicaine pour tous les jeunes, quelle que soit leur origine pour le passage à la majorité à 18 ans, l’âge du droit de vote » et doit « Mettre en place un service national civique obligatoire pour tous les jeunes entre 18 et 25 ans » et… C’est tout ! Je serais à mon tour hypocrite si je vous disais que ces quelques propositions me convenaient !
La motion F nous parle de diversité des activités humaines, de diversité culturelle (c’est vraiment à la mode) et…
Enfin, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, mais toutes les motions sont finalement d’accord et unanime pour donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales… Cela fait 27 ans que ma mère Mazia attend. Cela fait 27 ans que François Mitterrand et le PS lui avaient promis. Elle a préféré demander sa réintégration, d’autres ont opté pour leur naturalisation. C’était plus rapide !

La Diversité sera donc la grande perdante du congrès de Reims, pourtant nous avions collectivement essayé de la faire émerger durant les congrès de Dijon et du Mans, mais en vain. Lorsqu’on le pose la question à un sociologue du CNRS si la France peut élire un président de couleur, il répond catégoriquement « NON » parce que les partis politiques n’effectuent pas de réel renouvellement des élus, et ne soutiennent pas CES candidatures. Cependant il ajoute que le problème concerne les partis politiques et non l’électorat ; il n’existe pas d’« effet Bradley » à la française !

Mesdames et Messieurs, chères et chers camarades des Motions A, B, C, D, E, F le peuple de France est prêt, il n’attend plus que vous !

Amitiés socialistes ,

Rachid Mammeri

Conseiller régional de Haute-Normandie
Premier signataire de la contribution thématique : « la Diversité et le Parti Socialiste »
Secrétaire fédéral de l'Eure chargé de l'Enseignement Supérieur