Que reste-t-il, une semaine après, de l’émission présidentielle omnitélévisée de jeudi dernier ?

D’abord une déception.

Qu’on aime ou pas M. Sarkozy, on est frappé par le décalage entre son diagnostic (”la crise du siècle”) et la minceur de ses propositions : un plan de recyclage plutôt qu’un ambitieux plan de relance, quelques pistes sociales, des réformes internationales hypothètiques. Rien sur le pouvoir d’achat, même pas cité. Comme on dit maintenant, “ça l’fait pas”.

Beaucoup d’approximations aussi et de mensonges.

Les 8 milliards de la taxe professionnelle contestée sont en réalité plutôt 18, voire 28 ; le mécanisme de nomination du Président de France Télévision est travesti ; des fanfaronnades sont avancées sur le prétendu sauvetage de l’aciérie de Gandrange. Pas un mot pour les victimes de la tempête du Sud Ouest. Rien non plus sur les graves événement de Guadeloupe.

J’ai été frappé également par l’affichage d’un mépris constant envers l’opposition. Quelques accusations mécaniques sont formulées sur le bilan de la gauche, comme un réflexe. L’idée n’est pas même avancée de la consulter face à la crise.

Enfin, du début à la fin de l’émission, on aura sans doute été impressionné par la pugnacité de certains intervieweurs. Devant la précision gênante de leurs questions et l’acuité de leurs relances, on se demandait pourquoi l’interviewé tenait tant à domestiquer davantage l’audiovisuel.

Laurent FABIUS