27 février 2009
http://www.gauche2012.org
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Aujourd’hui, il paraît évident que l’aspiration à un changement profond est forte parmi les Français et pas seulement chez ceux qui se sentent « à gauche ».
Et pourtant, chacun sent bien que le rejet de N. Sarkozy et de sa politique ne suffira pas. Pour gagner en 2012, la gauche devra avoir la capacité de convaincre les électeurs qu’elle sera apte à conduire le changement, ce qui implique que son candidat devra porter un projet crédible et largement partagé par les forces politiques qui le soutiennent.
Tous ceux qui postulent à conduire ce combat et qui considèrent, selon la formule, qu’ils sont « les mieux placés pour faire gagner la gauche » en conviennent, mais ils restent discrets sur les modalités d’une telle démarche : comment la conduire, sur quelle base, avec qui, selon quel calendrier? Préférant se limiter à des généralités, ils évitent de rentrer dans ces détails….alors que, comme le dit le proverbe anglais : « le diable est dans les détails ».
Si l’on n’aborde pas de face ces questions, il faut être conscient que chacun de ces postulants (une dizaine sur l’ensemble de l’échiquier de la gauche), qui a sa « petite idée » sur la façon de faire, qu’il garde pour lui, continuera à agir en fonction de sa propre stratégie. Pour les uns, il s’agit d’arriver à la phase finale de la désignation des candidats ; d’autres considèrent qu’ils peuvent avoir des chances de l’emporter ; d’autres encore se contenteraient de figurer dans le casting, pour « exister », pour « préparer la suite », pour « renforcer leur parti »….autant d’expressions fréquemment entendues.
Au contraire, seule une « grande idée », publique, débattue, cohérente, permettra d’éviter l’échec inéluctable auquel conduiraient de telles démarches. Cette grande idée devrait tenir compte de deux exigences incontournables :
- le candidat doit être celui d’un projet
- ce projet doit être celui d’un large rassemblement de la gauche
Partant de ce constat, il est alors clair que la désignation du candidat doit se faire dans des primaires associant tous ceux qui auront accepté un projet, dont le candidat sera porteur. Pour y arriver, il faut que ce projet soit défini lors d’un processus rassemblant le plus grand nombre d’organisations de gauche (partis, clubs, associations…).
Ce processus impose un calendrier comportant 6 phases, dont l’enchaînement pourrait être le suivant :
-> 1ère phase (été 2009). Décision de mettre en place un Comité de préparation des « Etats Généraux de la gauche ».
-> 2ème phase (2ème semestre 2009). Travaux du Comité de préparation :
-fixation des objectifs des Etats Généraux, du mode de débat, de la date et du fonctionnement des Etats généraux.
- rédaction de textes introductifs et choix des enjeux prioritaires à débattre.
-> 3ème phase (décembre 2009 - janvier 2010). Préparation des Etats généraux nationaux par des rencontres décentralisées
-> 4ème phase (juin 2010, après les élections régionales). Etats Généraux : vote de la Charte du candidat (projet), détermination du mode de fonctionnement des primaires (auxquelles participeront les militants et adhérents de toutes les organisations ayant accepté la Charte).
-> 5ème phase (2ème semestre 2010). Mise en place d’un comité unitaire de préparation des primaires, établissement de la liste des votants. Campagne des candidats se présentant aux primaires.
-> 6ème phase (début 2011). Primaires.
Il est plus que temps de sortir des généralités et des silences, qui visent en réalité à masquer les ambiguïtés, les insuffisances et les contradictions des stratégies individuelles ou isolées. On l’a dit, de telles démarches ne peuvent que conduire à l’échec. A l’inverse, le calendrier en 6 phases ici présenté pourrait devenir, après débat, un véritable « logiciel de la victoire ».
J'approuve cette proposition et je demande à toutes les formations de gauche d'accepter d'engager des discussions dans ce sens.
http://petition.gauche2012.org/index.php?petition=2&signe=oui
12 février 2009
PAROLES, PAROLES...
Que reste-t-il, une semaine après, de l’émission présidentielle omnitélévisée de jeudi dernier ?
D’abord une déception.
Qu’on aime ou pas M. Sarkozy, on est frappé par le décalage entre son diagnostic (”la crise du siècle”) et la minceur de ses propositions : un plan de recyclage plutôt qu’un ambitieux plan de relance, quelques pistes sociales, des réformes internationales hypothètiques. Rien sur le pouvoir d’achat, même pas cité. Comme on dit maintenant, “ça l’fait pas”.
Beaucoup d’approximations aussi et de mensonges.
Les 8 milliards de la taxe professionnelle contestée sont en réalité plutôt 18, voire 28 ; le mécanisme de nomination du Président de France Télévision est travesti ; des fanfaronnades sont avancées sur le prétendu sauvetage de l’aciérie de Gandrange. Pas un mot pour les victimes de la tempête du Sud Ouest. Rien non plus sur les graves événement de Guadeloupe.
J’ai été frappé également par l’affichage d’un mépris constant envers l’opposition. Quelques accusations mécaniques sont formulées sur le bilan de la gauche, comme un réflexe. L’idée n’est pas même avancée de la consulter face à la crise.
Enfin, du début à la fin de l’émission, on aura sans doute été impressionné par la pugnacité de certains intervieweurs. Devant la précision gênante de leurs questions et l’acuité de leurs relances, on se demandait pourquoi l’interviewé tenait tant à domestiquer davantage l’audiovisuel.
Laurent FABIUS
03 février 2009
EGALITE AUDIOVISUELLE !
Face aux propos que prononcera Mardi 3 février le Président de la République concernant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, voici trois séries de chiffres inconstestés. De Juillet 2007 à Septembre 2008, dernières données officielles connues, les temps de parole consacrés par les trois premières chaînes de télévision respectivement à la droite et à l’opposition dans les principaux journaux télévisés sont les suivants : sur TF1, 11 H 22 contre 3 H 39 ; sur France 2, 44 H 29 contre 18 H 24 ; sur France 3, 30 H 32 contre 15 H 53.
On peut en tirer la conclusion que le CSA est une institution remarquable, que la législation française est admirable, que le Président de la République est exceptionnel, on peut aussi penser que la réalité est totalement contraire à un pilier de la démocratie qui s’appelle l’égalité audiovisuelle.
D’où ma proposition : établir l’égalité audiovisuelle. C’est simple. C’est démocratique. Et cela ne coûte rien.
Laurent FABIUS